09130 ARTIGAT
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Une base prélatine « artica » qui signifie « friche » correspond aux « essarts » du nord de la France. Artigat était donc un lieu qu’on avait défriché. Nom latin : Artigatum.
Certains prétendent que le nom d’Artigat découlerait de « or tingat » (qui tient de l’or) car on trouve, comme dans tous les cours d’eau de l’Ariège, de rares paillettes d’or dans la Lèze toute proche. Cette origine, plus gratifiante, n’est, cependant, pas très probable.
Le village d’Artigat se trouve à une altitude de 244 mètres, sur la rive gauche de la Lèze , petite rivière, affluent de l’Ariège, qui prend sa source dans le massif calcaire du Plantaurel. La Lèze, ouvre à travers les collines du Terrefort, une vallée rectiligne en direction de Toulouse suivie par la route départementale n° 9. Les terres basses de la plaine (rive gauche), les plus fertiles, donnent surtout des céréales et des cultures fourragères. Les coteaux de la rive droite, plus pauvres, sont le domaine de l’élevage et de la forêt.
On distingue le village et plusieurs hameaux : les Andréous, Bounine, Lardos, le Fustié et le plus important Bajou, autrefois paroisse de plein exercice.
Artigat bénéficie d’un climat privilégié. À mi chemin de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique, le terroir reçoit les perturbations atténuées ; de plus, les Pyrénées l’abritent, l’été, des chauds vents d’autan et garantissent des nuits fraîches.
Dès 1080, il est fait mention de l’église Notre Dame de Bajou (actuellement hameau dépendant d’Artigat) dont les bénéfices furent donnés au Chapître Saint Sernin de Toulouse.
Il est question d’Artigat, pour la première fois en 1243. Ce village est compris dans les biens du Comte de Toulouse, tenus par le Seigneur de Pailhès. Il s’agit d’une terre de défrichement (d’où son nom).
En 1300, un paréage (accord entre pairs) fut conclu entre Bernard Amiel de Pailhès et le Roi Philippe IV le Bel à propos d’Artigat.
En 1388, le poète et chroniqueur Froissart (1333-vers 1400), dans son voyage en Béarn, rend compte de la prise du château d’Artigat par Pierre d’Antin et ses compagnons de rapine venus de Lourdes.
Artigat a souffert des Guerres de religions. Le 7 mars 1621, les protestants du Carla, de Saint Ybars et du Mas d’Azil prennent le village et détruisent l’église Ste Catherine. Un nouveau sanctuaire est alors construit dans la ville haute (à l’emplacement de l’école actuelle) ; il existait encore en 1725 mais en mauvais état. La décision de construire une nouvelle église fut prise en 1861. Elle fut édifiée de 1862 à 1870, c’est l’église actuelle.
Le 15 octobre 1801 (23 vendémiaire an X) la commune d’Artigat passe du canton du Carla-le-Peuple à celui du Fossat.
Au milieu du XIX° siècle, la population d’Artigat comptait jusqu’à 1258 habitants. Elle a ensuite baissé progressivement pendant plus d’un siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, elle était encore de 665. La durée de la scolarité ayant été allongée, il a fallu construire une autre école au hameau de Bajou.
Mais cette école a été fermée car l’exode rural s’est encore accentué et la population de la commune est tombée à 367 habitants en 1982. Les deux cafés ont disparu et, sur trois épiceries, une seule a subsisté grâce au soutien de la municipalité.
Depuis cette date, la population remonte peu à peu car l’explosion démographique de l’agglomération toulousaine se fait sentir jusque là. Au dernier recensement, il y avait 522 habitants. Le nombre de conseillers municipaux a été porté à 15 puisque la barre des 500 a été franchie.
Au XVI° siècle, se déroula à Artigat une histoire combien célèbre dont firent état Montaigne, Leibnitz, Dumas père et bien d’autres, l’histoire de Martin Guerre.
L’histoire de Martin Guerre a été contée minutieusement en 1565 par le magistrat qui l’a instruite : Jean de Coras , Conseiller au Parlement de Toulouse.
Par la suite, elle a inspiré les écrivains, les musiciens et les cinéastes. Parmi eux, on peut citer :
en 1967, « The Return of Martin Guerre » de l’américaine Nathalie Zenon Davis, étude historique ;
en 1983, un film de Daniel Vigne qui s’appuie sur le livre précédent : « Le Retour de Martin Guerre » avec Nathalie Baye et Gérard Depardieu ;
en 1993, Richard Gere et Jodie Foster tournent dans « Sommersby » où le thème est transposé au temps de la guerre de Sécession.
| Descriptif detaillé | |
| Groupes acceptés | oui |




