Depuis l’acheuléen Claudius de Cap Blanc développe un concept de création, l’affabulisme, à partir d’un constat de départ : l’Histoire, celle qu’on apprend à l’école, est lacunaire, elle est pleine de ce qui a été, et vide de ce qui a oublié d’être. Ce qui a oublié d’être, c’est une multitude de possibles restés à l’état de possible.
Le travail affabulatoire consiste à les transformer en réalité tangible. Pour ça il faut d’abord pénétrer l’Histoire, jusqu’au plus profond de ses soubassements, jusqu’au plus intime de ses ovaires, et là, sans crier gare, l’engrosser, de gré ou de force, et faire en sorte qu’elle accouche de ses oublis, de ses carences, de son incurie cachexique. Autrement dit l’affabulisme va bien plus loin que la maïeutique de Socrate, il s’agit d’accoucher l’Histoire non pas de ce qu’elle contient sans le savoir mais de ce qu’elle aurait pu contenir si elle en avait eu l’idée.
Cette tache est un vrai labeur, ça nécessite de se lever tôt le matin, d’avoir un atelier bien outillé et surtout de manger souvent du poisson, c’est là que le cerveau trouve le phosphore dont il a besoin pour amener à l’existence ce qui n’a jamais été.